The Last of Us Saison 2 : Les Clickers Dictent le Rythme !

The Last of Us, le rythme d’une deuxième saison est influencé par les ennemis

Par rapport à la première saison, les nouveaux épisodes de The Last of Us montrent beaucoup plus d’action à l’écran et une plus grande variété d’ennemis, ce qui profite au rythme. 🎮

La deuxième saison de The Last of Us touche à sa fin après la diffusion du cinquième épisode, sur les sept prévus au total. Au cours des épisodes, les showrunners Craig Mazin et Neil Druckmann ont concrétisé leur intention d’effectuer de petits et grands changements par rapport au jeu vidéo, non sans quelques polémiques et mécontentements inévitables de la part du noyau dur des fans les plus intransigeants et attentifs aux nuances qui ont rendu l’aventure d’Ellie et Abby si profonde et complexe sur le plan psychologique. 🤔

L’aspect esthétique de l’appartenante aux WLF, plus menu et moins massif que la contrepartie numérique, a été considéré par beaucoup comme une trahison de l’indole, déterminée jusqu’à l’obsession, d’une femme qui a modelé son corps dans le seul but de trouver la vengeance et de se frayer un chemin à tout prix dans un monde où la violence est la seule monnaie d’échange pour garantir sa survie. 😠

Si nous avons déjà cherché à comprendre les motivations de telles variations sur le thème dans un article dédié, il reste que par rapport au passé, nous assistons à une saison aux rythmes plus élevés. Certes, les événements à condenser et à reproposer à l’écran sont plus nombreux que ceux qui alimentaient le premier jeu vidéo de la série, mais il est évident que les scénaristes veulent nous montrer beaucoup plus d’action et de dynamisme, en récupérant une partie de ce gameplay, à mi-chemin entre le stealth et le combat pur, qui avait été relégué au second plan pendant la première saison. 🏃‍♀️

Ce changement de rythme est aussi une conséquence directe d’un élargissement notable de la variété d’ennemis que les protagonistes se retrouvent à affronter, caractéristique qui, en ce sens, rapproche particulièrement la transposition de son œuvre inspiratrice. 👹

De World War Z aux filaments mycéliens

Dans la première saison de la série, le Cordyceps est présenté comme une menace constante, bien que presque toujours en arrière-plan. Le nombre de scènes impliquant les infectés est faible et souvent limité dans la mise en scène, presque pour souligner avec plus de force que c’est l’être humain, une fois de plus, le prédateur le plus impitoyable et dangereux présent même dans ce monde post-apocalyptique. 🌍

Une photo tirée d'une scène de la deuxième saison de The Last of Us qui représente un Bloater

Le choix opéré par les showrunners a contribué à distancer l’œuvre de la longue liste de films et de séries TV avec des zombies plus classiques, donnant une large place à la narration et à la relation entre Ellie et Joel et à son évolution.

Le changement de rythme de cette deuxième saison est sensible et on le remarque déjà dès le deuxième épisode, lors de l’attaque de l’avant-poste de Jackson, lorsque nous assistons à la première et véritable horde d’infectés qui tente, et réussit, à faire une brèche dans l’enceinte murée à la défense du centre habité. À cette occasion, la quantité de poudre et d’explosifs utilisés par les défenseurs est absolument notable, en contraste total avec l’idée d’économie de projectiles et de ressources qui caractérise en revanche le jeu vidéo. Non seulement, dans cette séquence, il y a aussi un renvoi direct au film World War Z, où la quantité de zombies à l’écran, en assonance au roman auquel il se réfère, est vraiment disproportionnée. En tentant de dépasser le mur d’enceinte, en effet, les infectés s’entassent, grimpant sur les cadavres, arrivant à former une momentanée tour de corps qui tend dangereusement vers le sommet de la fortification. 🧱

Pour briser l’impasse, ainsi que pour briser la momentanée victoire des habitants de Jackson, la prompte apparition d’un Bloater, figure déjà connue des spectateurs de la série TV et protagoniste d’un affrontement mémorable contre les milices de Kathleen. Si à cette occasion Joel et Ellie ont réussi à éviter la bataille avec le gigantesque adversaire, dans ce cas, c’est à Tommy qu’il est revenu d’étendre le monstre, dans une séquence à couper le souffle où le nôtre semble sur le point de succomber. 😥

L’ensemble de la scène est un renvoi direct à la tradition la plus classique des films sur les zombies, avec un affrontement à grande échelle et un très grand nombre de survivants et d’infectés impliqués. En comparaison, la scène déjà citée avec les milices de Kathleen de la première saison semble une bagarre de peu d’importance. Il s’agit, sans détour, d’une concession de la série à ceux qui demandaient un peu d’action, mais qui aide en même temps à mieux contextualiser la menace du Cordyceps, à en élargir la portée jusqu’à remettre en question la survie d’un avant-poste bien armé et fortifié comme Jackson. Ce qui, surtout pour ceux qui n’ont pas profité des deux jeux vidéo, est utile pour restituer la sensation de risque constant et soudain que l’on court dans le monde post-apocalyptique de The Last of Us. 🧟

Il y a aussi un autre détail intéressant, déjà visible dans la saison passée et absent dans le jeu vidéo, qui rend encore plus dangereuse cette version du Cordyceps. À rappeler l’horde près de Jackson, en effet, ce sont les filaments mycéliens que les habitants découvrent dans les canalisations qui coulent un peu sous la surface de l’avant-poste. C’est précisément ce réseau dense de champignons, que nous pourrions définir neural, invisible et omniprésent, qui représente la plus grande menace que les survivants doivent constamment contraster, rendant substantiellement chaque coin de la planète virtuellement atteignable et, donc, contaminable par le Cordyceps. 🍄

De La nuit des morts-vivants à Apocalypse Now

Ce n’est pas tout, car à ce propos, s’insinue une autre menace du Cordyceps qui n’avait pas été considérée dans la première saison. Dans le cinquième épisode, l’existence des spores est (re)habilitée, l’une des principales menaces en ce qui concerne le potentiel de contagion dans le jeu vidéo. Ceux qui ont une bonne mémoire, ne peineront pas à se rappeler les sessions de Joel muni d’un masque anti-gaz, justement pour prévenir l’inhalation du champignon qui conduit à la transformation en Runner. 😷

Dans le dialogue qui ouvre l’épisode entre Hanrahan et Elise Park, toutes deux membres du WLF, nous apprenons qu’un groupe de militaires qui, restés bloqués dans une structure abandonnée depuis longtemps, se transforment justement à cause de l’inhalation de spores. Du dialogue, malheureusement, il n’est pas possible de comprendre avec précision si cela représente une nouveauté absolue dans le monde de The Last of Us, une potentielle mutation relativement récente du Cordyceps. Dans tous les cas, les deux femmes, tout en racontant et en analysant les événements qui se sont produits, semblent suffisamment bouleversées pour laisser entendre qu’il s’agit d’un événement en soi plutôt rare et, évidemment, aux conséquences potentiellement dévastatrices. 🤯

Dans tout cela, il ne faut évidemment pas oublier l’entrée en scène dans la série des Stalker, les infectés qui se cachent avant de se lancer dans des attaques furieuses et rapides. Dans cette saison, il est possible de les admirer à deux occasions différentes. Si l’attaque à Jackson rapproche The Last of Us de films plus choraux et d’impact, comme le déjà cité World War Z et L’Aube des Morts Vivants, dans ce cas, le rythme et les atmosphères rappellent des films d’horreur axés sur la tension et les frayeurs, comme peuvent l’être Rec ou La Nuit des Morts Vivants. Bien que les séquences impliquant les Stalker soient peu nombreuses et plutôt contenues en termes de minutage, l’insertion de cette nouvelle typologie d’ennemis a permis à la série de varier davantage le dynamisme du montage et d’épaissir le langage et le style de la mise en scène. 👻

En dernière instance, nous ne pouvons pas ne pas mentionner également les présences ennemies humaines. Le groupe armé de Kathleen est ici remplacé par les WLF, encore mieux armés, équipés et nombreux. Symbolique, ainsi que d’impact au niveau visuel, la scène dans le métro abandonné dans le quatrième épisode, où les militaires allument les bengales, injectant à la scène un rouge vif qui nous a fait revenir en mémoire certaines scènes d’Apocalypse Now. 🔥

Toujours en rappelant en quelque sorte le film de Francis Ford Coppola, il est naturel de citer également les Hyènes, les Séraphites, que dans ce cinquième épisode nous pouvons admirer dans leur "habitat naturel", l’île qu’ils président et qui est brièvement explorée par Ellie, juste le temps de se faire capturer et de s’enfuir en courant. Entre torches, flore dense, ombres et obscurité totale, il semble presque revoir le capitaine Benjamin L. Willard tandis qu’il erre entre la boue et la basse végétation. 🔦

Un bestiaire plus ample, par rapport à la saison passée, a permis aux scénaristes et aux réalisateurs de donner forme à un produit linguistiquement et stylistiquement plus facetté, capable d’alterner des scènes d’action rocambolesque et des situations visuellement plus recherchées et aux rythmes plus compassés. De ce point de vue, la distance avec le jeu vidéo a diminué, donnant ainsi la possibilité tant aux psychologies des personnages de se déployer, qu’aux rapports entre eux d’évoluer, que à la mise en scène de se faire plus variée. Tout cela, simplement, en transposant intelligemment les monstruosités et les adversaires vus dans le jeu vidéo, en les adaptant aux modalités expressives et au langage propre d’une série TV. 🎬

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