Fortnite PIQUE l’idée du jardinage à Roblox ! Mais jusqu’où ira la folie des jeux à clics ?

Ah, mon fameux poirier ! Il faut que je vous en parle. Il doit bien faire six mètres de haut maintenant, avec ses poires dorées qui pendent à ses branches. Il y a une quinzaine d’années, j’avais lu dans un magazine que la poire était le fruit du futur. Bon, quinze ans plus tard, le futur est peut-être passé, mais quand même : ce poirier, c’est moi qui l’ai fait pousser ! C’est bon de poser ma moto (celle que j’utilise pour jardiner), ma truelle magique et d’admirer le résultat.

Grow a Garden, le jeu phénomène, est partout sur Roblox en ce moment, faisant fondre les serveurs et exploser le nombre de joueurs. J’étais intrigué, mais pas assez pour créer un compte Roblox. Sauf qu’il y a un clone sur Fortnite maintenant. Bien sûr qu’il y en a un. Ces jeux s’échangent des modes et des idées sans arrêt. Alors hier, j’ai testé Go Garden pour voir ce que ça donne.

Vous commencez avec quelques parterres de fleurs dans une arène partagée avec d’autres joueurs. Un peu comme si vous étiez tous arrivés en même temps sur les jardins partagés de Fortnite. Vous plantez des graines qui poussent plus ou moins vite selon leur type. Vous récoltez les graines, vous les vendez, et vous utilisez l’argent pour acheter d’autres graines qui se vendent encore plus cher. Et ainsi de suite. Ah, et comme c’est Fortnite, vous pouvez faire tout ça en vous baladant en moto.

Squid Grounds Launch Trailer | NEW Fortnite Reload Map

Le Jardinage Stratégique au Coeur de Fortnite

Il y a des subtilités qui se révèlent peu à peu. Certaines plantes ne donnent qu’une seule récolte : vous plantez une tulipe, vous obtenez une tulipe que vous vendez, et vous passez à autre chose. D’autres, comme les fraises, vous laissent avec des plantes qui produisent de plus en plus de fruits. Les conditions météorologiques peuvent provoquer des mutations qui, je suppose, augmentent la valeur des plantes.

Vous pouvez acheter des arroseurs pour accélérer la croissance, et il y a une plante piranha (oui, comme dans Mario) à qui vous pouvez parler de temps en temps. Elle vous demandera de cultiver des plantes spécifiques pour obtenir une petite récompense.

Après quelques minutes de plantation, de récolte, de vente et de répétition, j’ai compris. Et ce n’est pas parce que j’ai joué à l’original, ni parce que je me suis jamais intéressé au jardinage. C’est parce que… Oh non ! Go Garden est un clicker ! Un de ces jeux où il faut cliquer sans arrêt ! Je sens que je suis en danger.

L’Addiction des Clickers

Les clickers sont parmi les jeux les plus étranges et les plus addictifs qui soient. Vous commencez par vendre ou cultiver quelque chose qui ne vaut presque rien, mais la boucle de rétroaction se met en place et vous vendez, minez ou produisez, gagnant un peu plus que ce que vous dépensez. Vous investissez ensuite dans des améliorations qui vous permettent de produire plus efficacement, ce qui vous donne encore plus d’argent à investir. Puis vous commencez à automatiser les processus.

Cela peut sembler inoffensif, mais c’est comme cette expérience de pensée où vous avez un centime qui double chaque jour. Il ne faut pas longtemps pour devenir richissime. Les clickers commencent petit et suivent une courbe de puissance exponentielle. Je redoute ces jeux parce que je n’arrive pas à m’arrêter. Et je n’arrive pas à m’arrêter parce que, dans leur flux incessant de chiffres de plus en plus grands, ils me projettent dans l’espace profond, me précipitant à des vitesses de plus en plus folles vers les limites de l’univers, où la lumière, le temps et l’espace se mettent à se courber.

Un joueur devant son jardin dans Go Garden

En d’autres termes, ils rendent les chiffres d’abord attrayants, puis glissants, puis terrifiants, et enfin cosmiques. Tout ça pour un jeu où on cultive des fraises ! C’était déjà beaucoup pour un jeu où il fallait cliquer sur un cookie, et c’est là qu’a commencé mon voyage avec les clickers.

Go Garden : Bon Clicker ou Simple Passe-Temps ?

Alors, la question est : est-ce que je pense que Go Garden est un bon clicker ? Oui et non.

Oui, parce que la direction artistique est magnifique. Les plantes sont simples, mais brillantes et colorées, et les mutations ajoutent un peu de surprise. Les rythmes du jeu sont bien calibrés, ce qui me permet de récolter des fraises toute la journée en attendant que mes poires et mon maïs poussent. J’aime même aller faire des allers-retours au magasin, surtout parce que c’est toujours Fortnite et qu’il y a cette moto pour me déplacer. (Il y a des portails pour se déplacer plus vite, mais je ne suis pas encore assez désespéré pour les utiliser.)

Un joueur récolte des plantes dans Go Garden

Le problème, c’est que je ne suis pas sûr de rester assez longtemps pour voir ce qui se passe ensuite. J’ai l’impression qu’il va y avoir une nouvelle couche qui va multiplier les chiffres par mille, et que je vais passer de millions à des milliards par récolte. Peut-être que je dois changer de cultures et abandonner les fraises ? Peut-être que je dois investir massivement dans les arroseurs et autres gadgets ? Peut-être que j’ai besoin d’une nouvelle source de graines plus ésotérique ? Puis-je agrandir mon jardin ?

L’Appel de Don Quichotte

Ce sont toutes de bonnes questions – ou de très mauvaises questions si vous essayez de mettre un clicker de côté pour faire la vaisselle ou autre chose. Mais ce clicker est en compétition avec tous les autres clickers auxquels j’ai joué, sur le plan mécanique, bien sûr, mais aussi sur le plan émotionnel. Après avoir passé des dizaines d’heures à cliquer sur un cookie virtuel, alors que je n’ai toujours pas fini de lire Don Quichotte…

Alors, je pense que je vais arrêter là pour l’instant. Mon jardin va dépérir. Mon poirier géant va peut-être devenir encore plus géant, et je ne serai pas là pour le voir. Je ne monterai pas sur ma moto pour aller au magasin de graines, et j’irai lire un peu plus de Don Quichotte.

Du moins, jusqu’à ce que je m’ennuie, bien sûr. Et là, je reviendrai jeter un coup d’œil à mes poires…

L'équipe de rédaction