L’histoire incroyable de Dopefish, l’un des plus grands Easter eggs du jeu vidéo ! Il arrive parfois qu’une idée née presque par plaisanterie prenne son envol, jusqu’à devenir non seulement réelle, mais aussi plus grande qu’on ne l’aurait jamais imaginé.
Il fut un temps où les jeux vidéo se créaient dans des garages. Une époque où un groupe d’amis passionnés pouvait donner vie à des œuvres mémorables. Même si aujourd’hui les équipes indépendantes ont la liberté de concrétiser leurs fantasmes, l’industrie est devenue plus structurée, avec un focus sur la communication et le marketing. Développer des jeux vidéo est devenu un travail plus "sérieux", laissant moins de place à la folie des auteurs.
Il ne faut pas oublier que créer des jeux vidéo est un métier artistique où l’imagination et la passion se rejoignent. Un travail acharné doit être accompagné de la possibilité de rire de temps en temps. C’est avec cette conscience qu’il est intéressant de regarder le passé et l’approche amusante de ceux qui deviendront les grands professionnels de ce secteur. L’histoire que nous vous racontons aujourd’hui part d’une équipe de développeurs talentueux avec un sens de l’humour : id Software. Ce nom évoque encore aujourd’hui la franchise Doom, mais au début des années 90, le studio était surtout connu pour la série Commander Keen.
Voici l’histoire de Dopefish, l’un des plus grands Easter eggs de l’histoire des jeux vidéo.
Les origines du Dopefish
Quand on pense aux grands créatifs du jeu vidéo de la fin du siècle dernier, Tom Hall est l’un des noms qui vient à l’esprit. Avec John Romero, John Carmack et Adrian Carmack, il a fondé id Software, avant de rejoindre 3D Realms et de contribuer à des titres comme Duke Nukem II et Duke Nukem 3D. En 1991, Hall travaillait sur Secret of the Oracle, le premier des deux épisodes de "Commander Keen in Goodbye, Galaxy". À la recherche d’idées pour les nouveaux personnages, Tom Hall a créé vingt-quatre créatures différentes, mais une seule s’est vraiment démarquée : Dopefish.
Le Dopefish est décrit comme la deuxième créature la plus stupide de l’univers. Une créature avec une routine simple : "nage nage, faim, nage nage, faim", selon les développeurs, et qui mange tout ce qui lui tombe sous la dent. Visuellement, c’est un gros poisson vert avec des incisives proéminentes et un regard absent. Une sorte de gamin aquatique, qui inspire la sympathie malgré le fait qu’il s’agisse d’un adversaire. Mais ce qui différencie ce poisson des autres, c’est son incroyable diffusion en dehors de Commander Keen.
Un poisson pour les gouverner tous
Après avoir quitté id Software, Tom Hall a rejoint Apogee Software (connue ensuite sous le nom de 3D Realms). Il a contribué non seulement à créer de nouvelles œuvres, mais aussi à produire des titres provenant de différentes réalités, comme Wacky Wheels, développé par Beavis-Soft après le succès de Super Mario Kart. Selon Joe Siegler, développeur qui a collaboré avec Hall et qui s’est passionné pour l’histoire du Dopefish, il y a eu un moment où, sans raison, il a été décidé d’insérer ce poisson vert bizarre comme easter egg.
Et c’est ce qui est arrivé. Dans Wacky Wheels, si vous appuyez sur le frein et faites deux tours sur vous-même avec votre coureur, le célèbre Dopefish apparaîtra. Un hommage amusant, qui a rapidement échappé au contrôle des développeurs.
Depuis lors, ce sympathique poisson vert est devenu de plus en plus viral, incitant les auteurs à l’insérer dans leurs œuvres, ou du moins à essayer. Dans Duke Nukem 3D, par exemple, il était initialement prévu de remplacer le requin qu’il allait rencontrer dans un niveau sous-marin par le Dopefish. Malheureusement, le requin n’a pas été inclus dans le jeu, et le poisson a donc été coupé. Mais tout n’était pas perdu : dans le cinquième niveau (The Abyss), il est possible de trouver une inscription importante sur le mur : DOPEFISH LIVES.
Face à cette action de 3D Realms, Id Software n’est pas resté les bras croisés. Décidé à surfer sur la vague du Dopefish, le studio a introduit la créature dans son nouveau titre phare : Quake. Si vous tirez dans une zone précise du hub initial, le message "The Well of Wishes awaits in the Crypt of Decay" apparaît. Ceux qui atteignent le niveau "Crypt of Decay" peuvent trouver un passage secret qui les mènera devant le visage du Dopefish. Une sorte de compétition constante entre entreprises, à coups d’Easter eggs.
Vous pensez que cette créature s’est limitée à apparaître dans les titres de 3D Realms et id Software ? Vous vous trompez.
L’héritage inattendu du Dopefish
Quand le bouche-à-oreille sur l’existence du Dopefish s’est répandu, de nombreux autres développeurs ont décidé de l’inclure dans leurs œuvres, transformant ainsi l’animal bizarre en une icône. Un groupe de fans a même créé des jeux vidéo basés sur le poisson vert. Des jeux comme "Dopefish Forever!", avec un mode multijoueur capable d’attirer le public. Sans parler des Easter eggs inclus dans des titres célèbres comme Max Payne, Daikatana, Hitman 2 : Silent Assassin, Deus Ex : Human Revolution, Alan Wake, Rage, Doom et bien d’autres. Des clins d’œil amusants, qui ont contribué au succès d’un personnage né "par erreur" et devenu de plus en plus célèbre au fil des mois.
Le Dopefish est rapidement devenu une figure emblématique, avec du merchandising à thème comme des tasses et des t-shirts. Un symbole de l’indépendance (et de la folie) vidéoludique, exploité ensuite par les équipes d’id Software comme une véritable mascotte. Les développeurs Lee Jackson et Jay Wilbur ont même créé des décorations de Noël, qui ont subi des retards incroyables dans la production et ont fini par être distribuées en juillet 1995.
Voici quelques exemples de l’héritage du Dopefish :
- Tasses à l’effigie du personnage
- T-shirts à son image
- Décorations de Noël (sorties en été !)
- Screensaver pour Windows
Mais ce n’est pas tout. Le Dopefish a même réussi à dépasser le monde des jeux vidéo, apparaissant dans des séries télévisées animées comme South Park et Les Tiny Toons. Dans ce dernier cas, le poisson est utilisé comme mesure pour déterminer l’intelligence de Taz, le Diable de Tasmanie. Pas mal comme point d’arrivée, pour un personnage né presque par hasard.
Après être apparu dans Pettington Park, un jeu de 2012 construit autour de l’infrastructure de Google+, le Dopefish a lentement disparu des radars. Il arrive encore de croiser cette créature bizarre de temps en temps, mais le changement générationnel d’utilisateurs a contribué à le faire tomber dans l’oubli. Cet article a pour but de remettre en lumière une icône amusante, qui a été importante pour les joueurs du passé et qui, on l’espère, sera appréciée par le public d’aujourd’hui. Longue vie au gigantesque poisson vert au regard absent. Longue vie à la créature née de la main de Tom Hall. Longue vie au Dopefish.
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